Dans l'article sur le henné, il est question d'enfleurage, ce terme
énigmatique recouvre un procédé d'extraction d'essences entièrement
manuel et très onéreux. On ne l'utilise que pour extraire l'essence
des plantes qui continuent à dégager leur parfum longtemps après avoir
été cueillies. Il faut aussi que les plantes utilisées fleurissent pendant
2 mois minimum, car l'opération est longue. Ainsi on l'utilise pour
la tubéreuse, le lilas blanc, le muguet, le réséda, le jasmin, le narcisse…
Inutile de vous préciser que les essences extraites par ce procédé font
partie des plus chères !
L'enfleurage
se passe à température ambiante, les fleurs ne sont donc pas soumises
à de fortes températures et le parfum n'est pas altéré. Pour l'extraction
on utilise un chassis composé d'une plaque de verre dans un cadre de
bois. On étale 2 cm de graisse sur cette plaque de verre et, par dessus,
on étale les fleurs ; tous les 3 ou 4 jours, on renouvelle la charge
de fleurs : on les enlève et on en remet des fraîches ; l'opération
est recommencée une trentaine de fois. Quand la graisse est bien imprégnée
du parfum -c'est l'essence concrète- on la lave à l'alcool pour obtenir
l'essence absolue.
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Flacons à parfum d'origine grecque.
On
peut aussi pratiquer l'enfleurage sur des toiles de coton posées sur
des treillis métalliques et imbibées d'huile...
Quand l'opération d'extraction est terminée, on détache les toiles et
on les presse.
A propos de l'enfleurage,
si vous n'avez pas lu " Le parfum " de Patrick Süskind, paru dans Le
Livre de Poche, je vous engage vivement à le faire. C'est un livre merveilleux,
plein d'odeurs et quelque peu étrange : le héros choisit des femmes
qui représentent pour lui le comble de la féminité, les tue et pratique
sur elles l'enfleurage, pour, à partir de leur essence corporelle, fabriquer
le plus génial des parfums d'amour universel !
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