Le henné que
vous connaissez bien en tant que cosmétique pour colorer et renforcer
les cheveux et orner le visage, les mains et les pieds est aussi employé
dans les pays d'Afrique du Nord en tant que plante médicinale de premier
ordre. Mais attention, il existe sous le nom de Henné trois plantes
différentes, qui de plus n'appartiennent même pas à la même famille
botanique, alors soyons précis.
Le HENNE NATUREL est différent du HENNE NEUTRE lequel est encore différent
du HENNE NOIR. On différencie ainsi :
- Le henné naturel
et le henné "renforcé" : nom botanique Lawsonia inermis, famille des
Lythracées, aussi appelé lawsonia alba, Lamk.
- Le henné neutre
: Cassia obovata, proche de la casse, du séné, fait partie de la famille
des crucifères,
- Le henné noir
: Iindigofera tinctorium, de la famille des papillonacées, connu depuis
longtemps sous le nom d'indigotier, pour la teinture bleue extraite
de ses feuilles.
Celui qui nous
intéresse ici est le henné naturel, le lawsonia inermis, à fleur blanche
et odorante, cultivé au Maroc dans différentes
régions ainsi qu'en Algérie. La drogue est constituée par les feuilles
séchées. Son usage comme remède et comme teinture a été recommandé par
le Prophète, aussi la plante possède-t-elle une puissante baraka.
USAGES
MEDICINAUX TRADITIONNELS : Partout au Maroc, le henné entre dans
des infusions composées destinées à combattre les ulcères, les diarrhées
et la lithiase rénale.
Seul, ou associé au goudron de cèdre, il est couramment employé en cataplasmes
contre l'eczéma, les mycoses, les furoncles, les abcès, panaris, gerçures.
Le cataplasme est réalisé en humectant la poudre de henné jusqu'à la
consistance d'une pâte, puis appliqué localement.
C'est aussi un astringent, un antiseptique et un cicatrisant des blessures
et contusions.
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Des
cataplasmes, réalisés comme précédemment, réduisent l'inflammation et
la douleur des entorses, luxations, fractures et étirements ligamentaires.
Ces mêmes cataplasmes, appliqués sur le front et les tempes sont utilisés
pour calmer les maux de tête et les migraines. L'infusion de henné sert
aussi comme collyre dans les ophtalmies.
Son macérat dans l'eau froide est lotionné sur le visage pour le protéger
des radiations solaires.
USAGES
COSMETIQUES
Les tatouages au henné passent pour être prophylactiques et sont, à
ce titre, largement recommandés par les praticiens en période d'épidémie.
Des pommades faites avec du henné et du beurre sont utilisées contre
les brûlures.
Là où elles sont disponibles, les fleurs fraîches du henné sont utilisées
par les femmes pour faire une pommade cosmétique pour le visage et une
huile odorante (par enfleurage). On les utilise aussi pour parfumer
le linge.
Mais bien sûr, le henné est surtout employé pour la teinture des cheveux,
des barbes, des ongles, des pieds et des mains, auxquels il communique
une belle coloration rousse.
La coloration est plus foncée lorsque de la noix de galle, des galles
de tamaris, ou des galles de Limoniastrum guyoniacum ont été associées
au henné. La couleur devient franchement noire en présence de sel d'ammoniac,
de limaille de fer ou d'ail. Outre son effet colorant, le henné aurait
aussi une action antipelliculaire et antiséborrhéique.
AUTRES
USAGES
En artisanat, le henné était utilisé pour l'apprêt des peaux fines destinées
à la maroquinerie de luxe et pour la teinture de la laine et de la soie,
après addition d'alun, de tartre et de sulfate de fer.
Ainsi, comme
vous le voyez, le henné n'est pas seulement la plante cosmétique que
tout le monde connaît, c'est aussi une panacée peu coûteuse et largement
répandue qui mérite mieux que le rôle " embellisseur " auquel on la
cantonne.
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