Le millepertuis est une plante herbacée qui pousse spontanément dans
les endroits incultes et sur le bord des chemins, des haies et dans
les bois, à une altitude inférieure à 1600 m. Il est présent dans presque
toute l'Europe, le Nord de l'Afrique, ainsi qu'en Amérique et en Asie
Occidentale.
Il porte de nombreux noms populaires, qui lui viennent à la fois de
son aspect, de ses propriétés ou de la période de l'année à laquelle
il est au maximum de sa floraison : Herbe aux brûlures, chasse diable,
herbe de la Saint-Jean, herbe aux mille trous, herbe percée, herbe aux
piqûres etc.
Il est très facile à reconnaître, même par des enfants, en raison de
la particularité de sa feuille qui semble piquetée d'une multitude de
trous.
Description
:
Cette plante vivace mesure de 30 à 80 cm de haut. Sa tige dressée, est
ramifiée et souvent rougeâtre. Le millepertuis doit son nom à ses feuilles
parsemées de très nombreux (mille) petits points transparents (pertuis)
constituant autant de poches sécrétrices.
Les
fleurs jaunes, groupées en inflorescences denses, ont un calice à 5
sépales aigus et une corolle à 5 pétales bordés de poils sécréteurs
noirs. Les étamines, nombreuses, sont groupées en trois faisceaux, disposition
caractéristique de cette plante.
Les feuilles, petites, vert vif, nombreuses, contiennent les poches
sécrétrices, elles sont opposées et attachées directement sur la tige.
La tige pourvue de 2 côtes longitudinales est une caractéristique servant
à différencier "hypericum perforatum" des autres espèces d'hypéricum.
La plante possède une odeur balsamique, et une saveur aromatique, amère
et astringente.
Parties
utilisées :
En phytothérapie on utilise les sommités fleuries, fraîches ou sèches.
En homéopathie, on utilise la plante entière (avec les racines), fleurie
et fraîche. L'espèce servant à la préparation du remède n'est pas hypericum
perforatum mais hypericum perfoliatum (la tige traverse les feuilles
au lieu de porter des feuilles opposées).
Récolte
:
La récolte du millepertuis doit être effectuée au moment de la floraison,
c'est-à-dire de mai à septembre. On le sèche, rassemblé en bouquets,
à l'ombre, et à une température inférieure à 40°C.
Principaux
constituants :
En dehors d'une huile essentielle contenue en majeure partie dans les
fleurs, le millepertuis renferme des flavonoïdes, des tanins et des
matières colorantes jaunes et rouges. Le pigment rouge, l'hypéricine
est localisé dans les glandes noires des fleurs et des feuilles. On
l'extrait en exprimant le suc de ces tissus floraux.
C'est à son huile essentielle et à ses tanins que le millepertuis doit
son action antiseptique astringente et sa grande réputation de cicatrisant,
lorsqu'il est employé en usage externe.
En usage interne, les flavonoïdes lui confèrent à la fois des propriétés
antispasmodiques et cholagogues.
Quant à l'hypéricine, en usage interne, on lui doit les propriétés sédatives
et antidépressives qui font l'objet des études récentes. Nous en parlons
plus loin.
Indications
en médecine traditionnelle :
De
tout temps, le millepertuis a été considéré comme une plante très utile.
Dans l'antiquité, Dioscoride s'en servait comme diurétique, pour faire
venir les règles, faire baisser la fièvre, guérir les sciatiques et
les brûlures. Les usages populaires étaient encore plus étendus : comme
apéritif, détersif (assainissant des plaies), pour chasser les vers,
résister au venin, fortifier les articulations et soulager les coliques
néphrétiques. Bref ! la panacée.
De nos jours, le millepertuis est encore beaucoup employé en Allemagne
ainsi que, dans des proportions moindres, dans certains pays d'Europe
Centrale, en Grande Bretagne, en Suisse et en France.
Les études de laboratoire ont démontré scientifiquement ses propriétés
astringentes, antiseptiques et cicatrisantes.
C'est donc une plante qui est particulièrement intéressante en usage
externe, contre les brûlures légères (la fameuse huile rouge anti-brûlures),
les érythèmes, les inflammations de la peau consécutives aux traitements
radiologiques, les ulcères variqueux, les escarres des personnes toujours
allongées et les plaies atones. On l'emploie aussi avec succès contre
les lésions eczémateuses.
L'usage
a de plus confirmé les propriétés anti-diarrhéiques, antispasmodiques
et les emplois comme sédatif nerveux aujourd'hui utilisés avec succès
contre les états dépressifs.

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Enfin,
c'est un remède important en homéopathie où " Hypericum perf. " constitue
le remède des lésions du système nerveux.
C'est le cas des douleurs lancinantes accompagnées
d'élancements sur le trajet du nerf traumatisé, à l'occasion d'une
blessure, d'une piqûre, de l'écrasement d'une extrémité ou de l'extraction
d'une dent.
Propriétés
anti-dépressives du millepertuis :
Le millepertuis a connu sa première
heure de gloire pour combattre la mélancolie au Moyen Age, ce qui
lui a valu le nom de " Chasse Diable " dans les campagnes où les personnes
déprimées étaient souvent assimilées à des personnes possédées du
Malin.
Largement utilisé jusqu'au 19ème siècle, il a été brutalement supplanté
par d'autres remèdes moins naturels et confiné dans la pharmacopée
des médecines douces. Ce sont des chercheurs allemands qui, il y a
quelques années, se sont livrés à des travaux scientifiques prouvant
de manière irréfutable son efficacité contre la dépression et les
stress engendrés par des ruptures de rythme. Ces travaux, confirmés
par l'expérimentation lui permettent aujourd'hui de rejoindre la cour
des grands remèdes contre la dépression.
- Ses
vertus semblent liées à l'hypéricine, le pigment rouge contenu dans
les glandes noires de ses fleurs et ses feuilles, mais il est probable
que plusieurs groupes de substances agissent en synergie.
- Les
résultats du traitement de patients dépressifs avec des extraits de
millepertuis ont commencé à être confirmés cliniquement au cours des
années 1990-1993.
- Plusieurs
études cliniques ont été conduites sur des groupes importants et l'activité
antidépressive du millepertuis a été comparable à celle des groupes
d'antidépresseurs de type benzodiazépines.
- Les
symptômes majeurs liés à l'état dépressif, comme la perte d'intérêt
et d'activité, la baisse de concentration, l'apparition de douleurs
somatiques, la diminution de la qualité du sommeil ont été bien améliorés
: selon les études effectuées, 63,9% des déprimés ont constaté une
amélioration de leurs troubles avec l'utilisation du millepertuis.
L'efficacité et la sécurité d'emploi ont aussi fait l'objet d'observation
sur plus de 5000 patients sans contre-indication connue (sauf le risque
de photosensibilisation en cas d'usage prolongé et de dosages élevés,
particulièrement chez les personnes à peau claire).
Le millepertuis fait donc jeu égal avec les antidépresseurs, mais,
contrairement à ceux-ci, il ne provoque pas d'accoutumance ou d'effets
secondaires.
Sous
quelle forme l'utiliser : Traditionnellement
il est employé sous forme d'infusion, seul ou en association avec d'autres
plantes à visée neurosédative: Pour une grande tasse d'infusion : verser
¼ de litre d'eau bouillante sur 2 cuillères à soupe de sommités de millepertuis
séchées et finement coupées. Laisser infuser 10 minutes avant de filtrer.
Boire le matin et le soir au coucher.
Pour
bénéficier de son activité antidépressive, l'infusion n'est pas suffisante.
Il convient de recourir à des extraits plus concentrés.
De nombreuses préparations pharmaceutiques renferment du millepertuis,
sous forme d'extrait sec ou d'extrait lipidique convenablement dosés
en hypéricine. L'association du millepertuis avec des plantes sédatives
du système nerveux telles que lavande ou valériane renforce ses effets
apaisants et permettent un rééquiilibrage des biorythmes favorables
au sommeil et au repos.
Une cure anti-déprime doit être effectuée de manière suivie. Prendre
2 à 3 capsules le matin pendant plusieurs semaines ou mois, selon l'état.
Recette
Traditionnelle :
Préparation de l'huile cicatrisante et apaisante contre les brûlures
:
Remplir à mi-hauteur un bocal de verre de sommités fleuries de millepertuis
fraîchement cueilli. Compléter le remplissage avec de l'huile d'olive
de bonne qualité. Exposer au soleil jusqu'à ce que l'huile devienne
rouge foncé. Filtrer sur une gaze pour éliminer les débris végétaux.
Conserver dans des flacons bouchés, à l'abri de la chaleur et de la
lumière car l'huile peut s'altérer, sa durée de conservation est d'un
an environ...
Pour traiter les brûlures : imbiber une gaze du mélange huileux. Appliquer
sur la plaie ou la brûlure. Renouveler plusieurs fois par jour. Le remède
diminue les symptômes douloureux, modère les réactions inflammatoires
et favorise la cicatrisation.
Précautions d'emploi : En usage externe, l'hypéricine du millepertuis
peut avoir une action photosensibilisatrice dont il faut être averti.
Dans tous les cas où on applique le millepertuis localement, il faut
éviter de s'exposer au soleil.
Si on ne le peut, il est prudent de protéger la plaie ou la brûlure
avec un pansement.
En cas d'usage interne prolongé et de forts dosages, les personnes prédisposées
peuvent développer des risques allergiques.
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