Se soigner par les plantes

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HYPERTENSION !
Que peut la Phytothérapie ?
  Claudine LUU

Plus qu'une maladie, l'hypertension est une pathologie de fond, à détecter et à bien surveiller, sinon elle peut avoir des conséquences graves.

Ce mal peut évoluer longtemps sans trouble particulier mais ses méfaits, lorsqu'ils surviennent, risquent d'être d'emblée vitaux.

Son traitement est d'autant plus difficile qu'il n'est pas toujours possible d'en détecter les causes.

Quoi qu'il en soit, des solutions simples peuvent être mises en œuvre pour limiter les effets de l'hypertension.

Elles passent le plus souvent par une meilleure hygiène de vie et d'alimentation et par le recours à la phytothérapie et à l'homéopathie.


Avant d'évoquer ces solutions, sans doute n'est-il pas inutile de rappeler ce qu'est l'hypertension et quelles sont les causes " connues " qui la provoque et sur lesquelles il est possible d'agir.


La tension artérielle

Pour que le sang circule dans le corps, il faut que s'exerce sur les parois des vaisseaux une certaine " pression ", suffisamment forte pour faire parvenir le sang et ses globules porteurs d'oxygène jusqu'aux zones les plus profondes et les plus éloignées du corps humain.
Cette pression artérielle s'exprime par deux chiffres, le plus fort correspond à la pression maximale (pression systolique) durant la période de contraction du cœur, et le plus faible à la pression minimale (pression diastolique), durant la période de repos du cœur entre chaque contraction.

Chez un adulte jeune et en bonne santé, on considère qu'un maxima de 12 et un minima de 8 sont des normes de référence mais la tension a tendance à augmenter avec l'âge où elle est souvent voisine de 16/9,5. Au-delà de ces chiffres on considère qu'il y a hypertension artérielle (critères définis par l'Organisation Mondiale de la Santé).

Pourquoi la tension monte-t-elle ?
La tension artérielle demeure sous une double dépendance : celle du système nerveux et celle de certaines sécrétions hormonales. Chez un adulte en bonne santé, la régulation se fait automatiquement mais certains facteurs sont susceptibles de perturber cette régulation : le facteur héréditaire est indiscutableet il existe des familles d'hypertendus.

L'athérosclérose, un des grands responsables de l'hypertension…
Les insuffisances rénales chroniques bloquent les reins et entraînent des poussées hypertensives, les processus d'athérosclérose interviennent aussi, nous y revenons un peu plus loin, les facteurs émotionnels perturbent le système nerveux, les erreurs alimentaires (excès de sel, de corps gras saturés, boisson insuffisante…), s'ajoutent aux facteurs précédents. En diminuant le calibre des vaisseaux par suite d'un durcissement et d'un épaississement de leurs parois (les fameux dépôts de cholestérol), l'athérosclérose provoque des montées tensionnelles, en effet, pour assurer un même débit d'irrigation, le volume de

circulation étant diminué, la pression artérielle doit évidemment s'accroître.

C'est une loi classique de l'hydraulique.
La plupart des hypertensions constatées chez les personnes âgées procèdent de ce mécanisme.Néanmoins, dans la majorité des cas -près de 60%- on ne détecte pas de lésions anatomiques évidentes. L'hypertention est alors dite " essentielle ".

De très nombreuses études ont été faites et se poursuivent encore actuellement pour essayer de trouver la genèse d'un tel type d'hypertension…sans grand succès jusqu'à présent.

Quelles solutions apporter ?
La connaissance chaque jour plus approfondie des causes identifiées de l'hypertension permet un grand choix de traitements. Chacun procède de l'une ou l'autre des différentes causes mises en lumière.

On peut ainsi s'attaquer séparément ou simultanément aux multiples facteurs intervenant. On peut avoir besoin d'agir sur le système nerveux, ou bien, si l'on soupçonne une élimination rénale insuffisante ou une rétention d'eau par excès de sel, le recours à un diurétique s'impose, ou bien encore, on peut aider à la vasodilatation des vaisseaux, fluidifier le sang, pour faciliter la circulation artérielle et ainsi diminuer la pression sanguine… L'arsenal médicamenteux classique est riche de remèdes pour réguler l'une où l'autre de ces activités mais la phytothérapie n'est pas dénuée de pouvoirs.

La nutrithérapie propose également des remèdes naturels intéressants. Nombre de plantes possèdent une action diurétique puissante, certaines autres sont vaso-dilatatrices et facilitent la circulation, d'autres encore peuvent agir sur le système nerveux, cependant que nous connaissons aussi beaucoup de plantes susceptibles de lutter contre l'athérosclérose en s'opposant aux dépôts de cholestérol.


Du côté de la nutrithérapie
Les apports de vitamines et minéraux interviennent favorablement, de même que les huiles de poissons et les produits marins. Phytothérapie, nutrithérapie et médication classique ne sont pas antagonistes au niveau des traitements. Une association peut être fructueuse et permettre d'alléger les prescriptions habituelles, souvent lourdes.

Les plantes Anti-cholestérol
Artichaut, bouleau, pissenlit, romarin, aubier de tilleul sauvage, olivier (feuilles et huile), sont les plus connues des plantes luttant contre l'excès de cholestérol. Leur utilisation dans le cadre de l'hypertension peut se faire sous forme de tisane, de gélules de poudre de plantes ou d'extraits liquides.
Les tisanes, bien qu'elles n'apportent pas d'extraits très concentrés, par leur apport hydrique ont l'avantage de favoriser la diurèse. Il est souhaitable d'en prévoir une en traitement de fond.
Les mêmes plantes, prises sous forme d'extrait hydro-alcoolique, conviennent à ceux et celles qui sont réfractaires au tisanes. La prise de 25 à 30 gouttes du mélange dans un verre d'eau, 3 fois par jour avant le repas constitue un excellent drainage hépatique et anti-cholestérol. Note : attention au romarin ! c'est une excellente plante anti-cholestérol par action hépatique mais c'est aussi un hypertenseur, alors ne l'utilisez pas dans ce contexte.

Les plantes diurétiques
Queues de cerise, prêle, aubier de tilleul, piloselle, chiendent, pariétaire, reine des près, orthosiphon, maïs, bruyère font partie des meilleures plantes diurétiques conseillées.
Comme pour les plantes anti-cholestérol, les meilleures façon de les prendre sont : soit la tisane -vous ferez alors d'une pierre deux coups- en nettoyant les filtres rénaux et en activant la diurèse, soit les extraits hydro-alcooliques, plus faciles d'emploi.
La posologie de la tisane et des extraits est celle décrite ci-après.
Si votre hypertension résulte de problèmes rénaux, compliqués de calculs et de rhumatismes, je vous conseille la cure d'aubier de tilleul.
Cette cure se fait en absorbant la décoction suivante : mettez 30 grammes d'aubier de tilleul du Roussillon dans 1 litre d'eau, laissez bouillir à petit feu jusqu'à réduction d'1/4 (entre 20 à 30 minutes). Buvez les ¾ de litre dans la journée, chaud ou froid, entre les repas. Cure de 10 à 20 jours, 2 à 4 fois par an.
Si vous préférez les gélules de plantes, astreignez-vous à les prendre avec un grand verre d'eau, toujours pour faciliter le travail des reins.

Les plantes hypotensives par action sur la circulation
L'ail est sans doute la plante qui vient spontanément à l'esprit lorsque l'on parle de traitement naturel de l'hypertension et de fluidifiant du sang. C'est non seulement un hypotenseur mais aussi un antisclérosant puissant dont l'effet contre l'athérosclérose est reconnu depuis longtemps. Son emploi est malheureusement limité par les effluves puissantes qu'il dégage, à la fois par l'haleine et par la peau. L'idéal est donc d'en consommer raisonnablement et de prendre en complément, des gélules d'ail désodorisé. Les effets odorants sont ainsi limités !

  • Citons également le noisetier et l'hamamélis qui agissent sur les parois vasculaires et favorisent la circulation,
  • le mélilot fluidifiant du sang,
  • le souci, le gui, l'aubépine, l'olivier, hypotenseurs par vaso-dilatation des parois vasculaires.
  • Les plantes hypotensives et régulatrices par action sur le système nerveux.

Parmi celles-ci on pense en premier lieu à l'aubépine qui, outre son action vaso-dilatatrice agit sur le système neuro-végétatif et apaise les manifestations nerveuses de l'hypertension : palpitations et divers spasmes vasculaires, bouffées congestives, vertiges, bourdonnements d'oreilles, angoisses… Il serait injuste de ne pas citer également la ballote, assez voisine de l'aubépine dans ses effets et qui de plus aide les hypertendus à obtenir un sommeil plus profond et plus réparateur.

Les huiles végétales protectrices du système cardio-vasculaire
On les conseille dans le cas d'athérosclérose entraînant la constitution des plaques d'athérome responsables de la diminution du calibre des vaisseaux. Elles apportent des acides gras insaturés qui s'opposent aux dépôts de cholestérol et autres déchets sanguins sur les parois vasculaires. L'huile de tournesol, l'huile d'olive, l'huile de carthame et les huiles d'onagre et de bourrache sont les plus souvent recommandées. Signalons aussi, bien que nous sortions du cadre de la phytothérapie les huiles de poissons qui possèdent les mêmes propriétés. Toutes ces huiles, pour garder leur efficacité doivent être extraites par pression à froid, sous peine de perdre leur efficacité. Huiles d'olive, de carthame et de tournesol seront consommées (non chauffées) avec l'alimentation courante. Onagre et bourrache seront prises sous forme de capsules huileuses (2 à 4 par jour).


Du côté de l'homéopathie


Il existe de nombreux remèdes des troubles hypertensifs en homéopathie. Le choix devra, comme d'habitude être adapté à la personne souffrante, en fonction de l'ensemble de ses symptômes.

Voici, très résumées, les indications de quelques uns des remèdes les plus courants:

  • Baryta carbonica : remède principal de l'hypertension avec faiblesse cardiaque. Crises d'anxiété la nuit.
  • Plumbum : hypertension avec fatigue physique et intellectuelle. Diurèse insuffisante et constipation.
  • Spigelia : troubles cardiaques avec palpitations violentes. Douleurs irradiantes vers l'épaule et le bras gauche.
  • Viscum album : indiqué quand il existe une faiblesse cardiaque avec insuffisance rénale et palpitations à l'effort.
  • Nux vomica : correspond à l'hypertension des personnes faisant à la fois des excès de table et surmenées physiologiquement et intellectuellement.

Le degré de dilution à utiliser, très variable, ne peut être précisé ici.

Mode d'utilisation conseillé :
Les formes et les dosages les plus classiquement conseillées :

  • La tisane, 4 tasses par jour en infusion entre les repas,
  • les teintures mères, 25 gouttes dans 1 verre d'eau, 3 fois par jour,
  • Les extraits hydro-alcooliques, 1 cuillère à café dans 1 verre d'eau, 3 fois par jour,
  • Les gélules, 2 gélules à chaque repas.

Moins classiquement, on peut recourir aux macérats glycérinés :

  • Ceux de noisetier, aubépine, olivier, (bourgeon 1D) et de gui (jeunes pousses 1D), seront pris à raison de 25 à 50 gouttes dans 1 verre d'eau, 1 à 2 fois par jour.

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